Immunité au changement de poids

Je suis une femme d’une cinquantaine d’années. Ces dernières années, je m’étais presque résignée à prendre un kilo par an, et j’avais limité les dégâts notamment en faisant des jeûnes d’une journée, et un peu de sport, mais le surpoids aidant, mes articulations souffraient, empêchant le sport, et entraînant davantage de prise de poids. Banal, n’est-ce pas ?
Les auteurs de « Immunothérapie du changement » ont publié un autre livre « Right weight, right mind », où ils appliquent le technique ITC à la perte de poids.
Ils expliquent très bien dans leurs écrits que pour certaines personnes, maintenir son poids est un défi technique : il suffit de faire un régime. Mais pour d’autres, cela n’est pas possible parce qu’ils sont confrontés à des défis adaptatifs. C’est-à-dire qu’il va falloir grandir et acquérir non seulement de nouveaux savoir-faire mais un nouveau mode de fonctionnement mental. Le moyen suggéré pour perdre du poids passe par la recherche des grandes suppositions cachées, et leur étude. C’est ce que propose la carte d’immunité.
J’ai donc réalisé une carte d’immunité sur le but d’amélioration suivant : Perdre du poids.

Dans la colonne : Faire/Ne pas faire (contre mon objectif), j’ai fait la liste de mes actions ou non actions qui s’opposent à ce but :
1. Je mange des viennoiseries le matin
2. Je grignote avec de la bière comme repas du soir, principalement des biscuits apéritifs
3. Je ne fais pas suffisamment de sport
4. Je ne fais pas de régime

Je suis ensuite passée à la liste des craintes qui surviennent à l’idée de faire le contraire de ces actions ou non actions.
– Peur de ne pas m’accorder du bon temps le matin (à propos de 1)
– Peur de perdre la convivialité du soir en rentrant du travail (temps en famille) (2)
– Peur que la soirée soit ennuyeuse sans mon apéritif (2)
– Peur de ne pas m’accorder du bon temps le soir (2)
– Peur de ne pas avoir assez de temps libre (3)
– Peur de me contraindre (surtout lorsqu’il s’agit de nager à la piscine) (3)
– Peur de souffrir de la faim si je faisais un régime (4)

La colonne suivante consiste à reformuler les craintes sous formes d’obligations que j’ai pour ne pas ressentir ces craintes :
– Je suis obligée de m’accorder de bons moments le matin et le soir
– Je suis obligée de passer du temps de qualité en famille le soir et de le combiner avec un apéritif dinatoire
– Je suis obligée de me poser (me détendre devant une bière) immédiatement en arrivant le soir
– Je suis obligée de respecter mon corps et de ne pas le priver en risquant l’hypoglycémie
– Je suis obligée de m’accorder des repas normaux (sans régime qui contraindrait mon corps)
A ce stade, on peut observer un peu l’immunité contre le changement à l’œuvre, c’est-à-dire que nous avons des buts d’amélioration, mais que nous avons en même temps des obligations presque inconscientes qui s’opposent complètement à ces buts. C’est pourquoi il est tout à fait logique de ne pas réussir à atteindre son but.

Il s’agit ensuite de creuser sous les obligations compétitives et de se demander ce que quelqu’un qui a de telles obligations (moi), peut bien croire au fond d’elle-même. Et cela donne cette série de grandes suppositions.
1. Les moments de qualité le matin pendant mon trajet où je m’arrête pour prendre un café accompagné d’une viennoiserie, m’aident à démarrer la journée. Et si l’on creuse un peu plus loin, cette croyance peut se résumer ainsi : « J’ai bien droit à ce plaisir ».
2. Si nous n’avions pas ces moments de partage en famille le soir autour d’un pot, nous n’aurions rien à partager.
3. Je dois rejoindre mon conjoint pour ce moment de partage dès que j’arrive (d’où ce grignotage ne demandant pas de préparation).
4. Je ne peux me passer de cette habitude.
5. Je suis capable de maintenir mon poids sans régime ni sauter de repas, sans brimer mon corps.

La méthode propose ensuite d’étudier les grandes suppositions, de les approfondir, d’en faire l’historique. Commençons par la 5ème. En la formulant, je me suis rendue compte immédiatement qu’elle était fausse. Je n’étais pas capable de maintenir mon poids. Je croyais ne pas brimer mon corps, mais en fait je m’imposais des jeûnes d’une journée qui n’avaient qu’un effet très transitoire, et également je faisais des marches très longues, allant jusqu’à 6h. Drôle de façon de ne pas brimer son corps… J’ai découvert quelques corollaires qui faisaient que je me refusais à faire un régime. L’étude de cette croyance m’a permis de mettre à jour d’autres peurs et d’autres croyances : j’avais peur de l’hypoglycémie, cela me rend nauséeuse, et j’avais peur aussi de maigrir trop vite et de me rider. Et pourtant, afin de ne pas trouver ma bière trop amère, je m’abstenais de manger sucré à partir de 17h (avec le risque de ressentir des hypoglycémies !). Balayée la croyance numéro 5 !
Pour la croyance N°1 « J’ai bien droit à ce plaisir » (de manger des viennoiseries), je me suis demandé si c’était vraiment un plaisir de voir mon corps se déformer, et de compromettre ma santé en mangeant des viennoiseries grasses et peu diététiques. J’ai pensé que pour tester cette croyance, je pourrai faire appel à des données objectives comme des mensurations, ou mon taux de triglycérides.
Le plus difficile, et cela reste le plus difficile, concerne les croyances N°2, 3, 4 au sujet des moments de qualité du soir qui s’accompagnent de bière et de grignotage. J’ai étudié les différents éléments de cette croyance que l’on peut formuler précisément ainsi : « Je suis incapable de me passer de ce moment convivial du soir, immédiatement en rentrant, et comprenant bière et grignotage ». Je me suis aperçue que l’heure 19h était une habitude ancrée depuis des années : quand 19h sonne je salive en attendant ma bière. Mais à cause de mon goûter à 17h (pour ne pas ressentir d’hypoglycémie et pour ne pas me gâcher la bière en prenant quelque chose de sucré après 17h), il fallait absolument que cette bière soit accompagnée de grignotage adapté, c’est-à-dire surtout pas de soupe ni de salade qui ne se « marient pas bien » avec la bière. De plus, comme j’ai un désir de devenir végétarienne, je mange particulièrement du fromage (que j’adore) avec mes biscuits apéritifs.
J’ai établi des questions très simples à étudier pour chacune des croyances afin de savoir si elles sont un peu vraies, complètement vraies, vraies dans certaines circonstances, etc… Il s’agit de nuancer des suppositions que nous tenons pour complètement vraies (c’est pourquoi elles sont appelées « grandes suppositions »).
Au sujet de la croyance N°1 sur les moments de qualité pour moi le matin dans mon salon de thé sur le trajet du travail, j’ai découvert que c’était une façon de joindre l’utile à l’agréable, je rattrapais le temps du petit-déjeuner, et je pouvais lire un peu tout en prenant mon café viennoiserie. J’ai décidé d’attaquer la croyance que ces moments « de qualité » m’étaient indispensables en me posant les questions suivantes, chaque question invitant un test. J’ai réalisé tous ces tests et j’ai pris des notes sur les résultats obtenus :
– Puis-je m’arrêter prendre un café si j’ai déjà pris mon petit déjeuner ? C’est possible, mais ce n’est pas agréable.
– Puis-je prendre un café sans croissant ou une autre boisson : jus de fruit ou petit déjeuner tartines ? J’ai essayé les jus de fruit, hors de prix et même pas de fruits frais, et caloriques, j’ai essayé le petit déjeuner tartines, pâte à tartiner écœurante et ils ne proposent que de la baguette, qui comme chacun sait donne des hypoglycémies à la différence du pain complet. Donc la réponse est non.
– Puis-je aller ailleurs que dans le salon de thé où j’ai mes habitudes ? J’ai pu à la place faire une partie du trajet à pied en passant par un parc.
– Puis je libérer du temps (et de l’espace) pour le petit-déjeuner chez moi avant de partir ? J’ai dégagé une partie de la banque de la cuisine, encombrée d’objets, pour pouvoir prendre mon petit déjeuner dans la cuisine. J’ai réussi à dégager du temps pour prendre mon petit déjeuner avant de partir.
– Puis-je trouver d’autres façons de tenir jusqu’au repas de midi plutôt qu’un croissant aux amandes (c’est ma gradation en fonction de l’heure du repas de midi : croissant/brioche, pain aux raisins, et croissants aux amandes !) ? J’ai fait l’expérience qu’un petit déjeuner comme celui de nos grand- parents : pain (complet), beurre et confiture, est un excellent moyen de tenir jusqu’au repas de midi sans hypoglycémie. Je l’expérimente presque chaque jour depuis… J’ai testé aussi le petit-déjeuner américain : œufs, lard, toasts.
A propos des moments de qualités du soir, j’ai testé :
– Différer ce moment à 20h en différent mon goûter à 18h. Cela n’a pas bien marché.
– Essayer de passer différemment ce temps convivial. Je n’ai pas encore réussi.
– Dissocier bière et grignotage : j’ai testé différentes associations et voici ce que j’ai trouvé comme variations.
o Je peux faire bière et grignotage, exceptionnellement, une fois par semaine.
o Je peux faire grignotage sans bière en prenant du vin rouge bio, et c’est excellent, et le vin est bon pour la santé. J’ai trouvé que le vin se boit trop vite, j’ai la sensation de repas pas fini.
o Avec un verre de vin, je peux plus facilement manger un vrai plat, comme une soupe, une salade « Cela se marie mieux ». Donc vin sans grignotage !
o J’ai testé également les soirées sans alcool et même un mois complet sans alcool.

Ayant compris que je ne pouvais maintenir mon poids sans régime (croyance N°5 fausse), je me suis résolue à faire un régime. J’ai demandé de l’aide à deux collègues hommes qui ont maigri récemment. Le régime hyper-protidique m’a permis de perdre les premiers kilos. Je ne sais pas s’il est à recommander, j’ai eu très peur d’avoir un infarctus en mangeant trop gras, et trop de protéines sans glucides. Il s’agit vraiment de martyriser son corps, mais pour une courte durée. Je leur ai posé des questions à propos de ma crainte de l’hypoglycémie, j’ai pris des en-cas : un fruit, et je n’ai jamais ressenti d’hypoglycémie, seulement une grande faiblesse dans cette période.
Moi qui étais opposée à l’idée de régime, j’ai effectués quelques changements drastiques dans mon alimentation ; à savoir que je ne prends plus de dessert, que j’ai supprimé le sucre dans mon thé et dans mon café.

La méthode ITC demande de tenir un journal de ses tests
, c’est pourquoi je suis capable de rapporter toutes ces informations. On peut aussi quantifier ses progrès en : premiers pas en avant, ou succès complet. Voici mon rapport de progrès :

Sujet : Perdre du poids
Premier pas en avant :
– redescendre en dessous de XX kgs (fait en 3 semaines)
– ne pas être serrée dans mes habits (fait, vraiment évident aujourd’hui, après 5 mois)
– pouvoir refaire du sport (fait en 5 mois)
Succès complet :
– redescendre à mon poids d’il y a dix ans
– redevenir marathonienne
– envisager alors d’être végétarienne

Voici mes notes à 3 semaines :
J’expérimente une perte de poids lente et sûre. Cela demande des efforts. J’ai pratiquement arrêté les viennoiseries. Je prends mon café et thé sans sucre. J’ai réussi à remplacer la bière par du vin. Je prends un fruit à 5h, je n’ai pas eu d’hypoglycémie. Je prends un petit déjeuner à la maison presque tous les jours avec du pain, miel et beurre ou des céréales. J’ai trouvé une grande variété de façons de faire attention à mon alimentation.

A deux mois, je notais :
Succès complet à propos des viennoiseries du matin, je n’en mange plus, mais il faut être vigilant, il y a toujours des tentations. Dans ce cas, je fais attention à ne pas manger de viennoiseries deux jours de suite.

A cinq mois, je fais ce compte-rendu que vous êtes en train de lire. Je suis très contente de porter des vêtements d’il y a cinq ans, cela atteste vraiment de mes progrès, je sens que mon pantalon ne me serre pas. Et une amie me signale que c’est là comme une métaphore sur le but d’immunothérapie du changement, rendre sa vie plus vaste, plus spacieuse. Je redécouvre mon corps. Mon mode de vie a changé. Je prends mon petit-déjeuner à la maison le matin, pain-beurre-confiture, comme mes grand parents, et je suis heureuse de ce retour aux sources. Je ne m’arrête presque plus jamais dans mon salon de thé préféré. J’ai remplacé le café par du thé, plus facile pour moi à boire sans sucre. J’ai diminué le café et le thé, et je sais que c’est bon pour ma santé. Pour le soir, je n’ai pas réussi à renoncer à mon moment de convivialité, mais j’ai découvert que je pouvais varier à l’infini les associations. Il m’arrive souvent de remplacer la bière par le vin. Je m’accorde du grignotage une fois par semaine.
Parmi les points à améliorer, il y a le fait que comme je ne prends plus de dessert, je ne mange plus souvent de fruits. J’essaie d’introduire les fruits dans mon petit déjeuner du matin.

Qu’ai-je découvert sur mes croyances ?
La croyance que je peux abaisser ou maintenir mon poids sans régime est définitivement fausse. Je dois faire attention à ce que je mange. Si je fais des excès, je peux les réparer immédiatement.
La croyance que je ne peux me passer d’un moment convivial le soir en rentrant du travail, semble vraie – la plupart du temps -. Mais ce moment n’est pas forcément associé à bière plus biscuits apéritif. En fait, j’ai découvert que ce que j’aimais dans la bière, c’était le grignotage qui l’accompagnait. J’ai modifié mon alimentation du soir, j’alterne vin et bière, je mange des soupes, et je ne grignote qu’une fois par semaine.
Concernant la croyance que j’avais bien besoin de moments de qualité dans un salon de thé le matin, j’ai découvert qu’elle était fausse. Je passe ces moments chez moi, où je prends un petit-déjeuner de qualité dans la cuisine. En fait, j’ai découvert que je n’aimais pas le café servi dans ce lieu et c’était la raison pour laquelle je l’accompagnais toujours de viennoiseries.

En conclusion, je voudrais dire que perdre du poids est difficile, même avec l’aide de la méthode ITC, et que je suis complètement rassurée à propos de ma peur de maigrir trop vite ! L’immunothérapie du changement est une méthode permettant de s’attaquer au problème de surpoids de façon globale, en étudiant tous ses aspects. J’ai modifié considérablement mes croyances et mon mode de vie. Le but d’Immunothérapie du Changement est de nous rendre plus heureux et plus libres, en nous donnant davantage de possibilités, et il me semble que cela a marché pour moi jusqu’ici. Ma carte d’immunité sur la perte de poids était à peu près la trentième carte que j’ai réalisée, avec des changements considérables obtenus dans tous les domaines de ma vie. Ma vie ne me serre plus !

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